Bibliographie
Nourrir l'humanité, les grands problèmes de l'agriculture mondiale au XXIè siècle, de Bruno Parmentier
Ingénieur des Mines et économiste, Bruno Parmentier n’a découvert « les milieux de l’agriculture, de l’environnement et de l’alimentation, en France et à travers le monde » qu’à partir de 2002, quand il a pris la direction d’une école d’ingénieurs en agriculture. En cinq ans, il a eu l’occasion de rassembler une grande masse d’informations, mais la fraîcheur de son regard lui permet de les organiser et de les présenter de façon cohérente et limpide. Dans sa préface, Edgard Pisani rappelle que lui-même, au début des années 1960, ignorait tout de l’agriculture et estime que c’est justement sa position de néophyte qui l’a aidé à dégager quelques grandes lignes pour moderniser l’agriculture française et négocier la politique agricole commune.
Pour poser sa problématique, Bruno Parmentier évoque tout d’abord la diversité des agricultures, des voies d’accès aux produits et des pratiques alimentaires, en soulignant que la situation est d’ores et déjà catastrophique pour les 850 millions de personnes qui souffrent « encore » de la faim sur notre planète. Qu’en sera-t-il en 2050, quand la population mondiale aura augmenté de 2 à 3 milliards d’individus ?
Persuadé que « le pire n’arrive pas toujours », Bruno Parmentier inventorie les différentes réponses envisagées pour faire face à ce défi majeur : augmenter les surfaces cultivées (mais c’est le contraire qui risque de se produire), accroître la productivité des terres (mais la « révolution doublement verte » permettra-t-elle vraiment de pallier aux problèmes écologiques qu’a créés la « révolution verte » ?), cultiver de nouvelles plantes (« mais le miracle absolu de la plante qui pousse toute seule dans le fin fond des déserts et nourrit l’humanité n’est pas prêt de se réaliser »), multiplier le nombre des récoltes dans une même année (« il y a malheureusement peu à attendre de cette solution, le réchauffement planétaire annoncé n’étant pas supposé modifier le climat avant plusieurs décennies » !), réduire les pertes après récoltes et les gaspillages, privilégier les cultures vivrières (mais la fin du pétrole oblige à trouver de nouvelles sources d’énergie et de matières premières), diminuer la ration carnée dans les pays riches ou encore transférer massivement de la nourriture des régions excédentaires vers celles qui ne sont pas autosuffisantes (en cas de crise ponctuelle, oui, mais une Europe qui nourrirait l’Afrique, « c’est pratiquement irréalisable, parfaitement antiéconomique et moralement impensable »).
Bruno Parmentier est en fait persuadé qu’« il n’y a pas de solution simple, unique et magique pour nourrir l’humanité. Ce problème doit être traité au cas par cas et dans ses différentes dimensions : pas seulement d’un point de vue économique et commercial, comme c’est le cas depuis quelques années en le confiant de façon privilégiées à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). » Tout en faisant « le pari de la confiance », Bruno Parmentier détaille les multiples problèmes qui doivent être résolus pour « produire plus et mieux avec trois fois moins : moins de terre, moins d’eau, moins de biodiversité ».
Riche en gros plans sur des questions précises (conflits d’accès à l’eau, toxicité des pesticides, crises sanitaires…), son tour d’horizon ne se limite nullement aux dimensions agronomiques, mais accorde au contraire une grande attention à l’organisation des échanges, tant au niveau mondial (« le commerce international, un outil pour mieux nourrir ou pour affamer ? ») qu’entre producteurs, transformateurs et distributeurs, ainsi qu’aux différentes politiques de soutien envisageables pour l’agriculture.
Même si l’absence de parti pris qu’il affiche connaît quelques limites (sa formation d’ingénieur le rend peut-être exagérément optimiste en ce qui concerne les « biocarburants » ou la création par les scientifiques d’espèces nouvelles), Bruno Parmentier fournit une abondante matière pour mieux cerner un enjeu majeur du présent siècle en combinant, comme le recommandait Antonio Gramsci, « le pessimisme de la raison et l’optimisme de la volonté ».
Alain Chanard, Transrural Initiatives n°329, 13 mars 2007.
Éditions La Découverte
- collection Cahiers libres
- février 2007 – 276 pages – 22 €
Agricultures et paysanneries
des Tiers mondes, de Marc Dufumier
Contrairement à une idée
trop souvent répandue, les systèmes de culture et d'élevage
mis en oeuvre aujourd'hui par les paysanneries du " Sud " ne
sont ni " archaïques ", ni condamnés à l'immobilisme. Cet
ouvrage vise précisément à présenter et expliquer la diversité
des conditions et modalités de transformation de l'agriculture
dans les pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine.
Professeur d’agriculture comparée
et développement agricole à l’Institut
National Agronomique Paris-Grignon (INA-PG), Marc Dufumier
est membre du conseil d’administration de l’Institut
de Recherches et d’Applications des Méthodes
de développement (IRAM). Il réalise chaque année
des missions d’expert en appui à la conception,
la formulation, la gestion, le suivi et l’évaluation,
de politiques, programmes et projets de développement
agricole et rural, dans diverses régions du "
Sud " : Asie du Sud-Est, Amérique latine, Afrique
subsaharienne, etc. Il est l’auteur de l’ouvrage
Projets de développement agricole. Manuel d’expertise
(réédition 2004).
- Broché - 598 pages (28 septembre 2004)
L'Épopée inachevée des paysans
du monde, de Louis Malassis
Une impressionnante somme sur l'histoire
de la paysannerie, depuis l'âge de pierre jusqu'à nos jours,
de la Mésopotamie à la Chine en passant par l'Europe et l'Amérique.
L'accent est mis sur les piètres conditions sociales faites
aux paysans à travers l'histoire : moteurs du processus civilisationnel,
ils en sont presque par définition les laissés-pour-compte.
Très accessible malgré l'étonnant brassage de savoirs qu'effectue
l'auteur.
Louis Malassis est fils de paysans
bretons. Membre de l Académie d'agriculture de France, il
a enseigné, entre autres, aux écoles d'agronomie de Rennes
et de Montpellier et a été directeur de l'Institut agronomique
méditerranéen de Montpellier. Directeur général de l'enseignement
et de la recherche au ministère de l Agriculture, il a effectué
de très nombreuses missions à l'étranger et a fondé à Montpellier
l'Agropolis Museum, musée des Nourritures et Agricultures
du monde. - Broché - 524 pages (16 juin 2004)
Un vieil
homme et la terre, de Edgard Pisani
Ancien ministre français de l'Agriculture,
l'auteur livre ses réflexions d'une quarantaine d'années sur
les possibilités d'élaboration d'une politique agricole tant
pour l'Union européenne que pour le reste de la planète et
tout particulièrement les pays en voie de développement. Il
met de l'avant une approche de l'agriculture respectueuse
de la nature et où les pays riches, plutôt que d'inonder le
reste de la planète de leurs surplus subventionnés, permettent
aux productions des pays en voie de développement de devenir
concurrentielles.
L'auteur vu par l'éditeur : Né le
9 octobre 1918 à Tunis, Edgard Pisani a fait ses études de
droit et de lettres à Paris. Il a débuté sa carrière comme
sous-préfet et est devenu en 1944, chef puis directeur adjoint
du cabinet du Préfet de police (1945). En 1946, il a été nommé
directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur, préfet de
la Haute-Loire et directeur de cabinet du ministre de la Défense
nationale. Il est devenu préfet de la Haute-Marne en 1947,
et s'est trouvé en disponibilité à partir de 1953 pour exercer
ses fonctions de sénateur de la Haute-Marne, ministre de l'Agriculture
(cabinets Michel Debré, 1961- 1962 et Georges Pompidou, 1962-1966),
ministre de l'Equipement (troisième cabinet Georges Pompidou,
1966-1967), ministre de l'Equipement et du Logement. Il a
donné sa démission de membre du gouvernement en avril 1967,
pour devenir, entre autres, député de Maine-et-Loire, puis
président du conseil national des économies régionales (1967-1971).
Dans les années 1980, il a été membre de la Commission des
communautés européennes (à partir de 1981), député du Parlement
européen et commissaire au Développement, délégué du gouvernement
en Nouvelle-Calédonie et dépendances (1984-1985) et, enfin,
ministre chargé de la Nouvelle- Calédonie en 1985. Il a été
également président du Centre euro-arabe de prospective méditerranéenne,
devenu Institut du monde arabe, de 1988 à 1995. Auteur de
plusieurs ouvrages, Edgard Pisani s'est acquit une image d'esprit
indépendant. Il est très écouté dans les pays du Sud et dans
les instances économiques internationales.
Langue Français Éditeur : Seuil (2 janvier 2004) Collection
: L'Histoire immédiate Format : Broché - 240 pages ISBN :
2020621746 Dimensions (en cm) : 14 x 2 x 21
Parole de terre : Une initiation
africaine, de Pierre Rabhi
Fortement engagé dans le développement
d'une agriculture adaptée aux besoins des pays pauvres, l'auteur,
avec ce roman, livre sous forme de fable un portrait de la
situation dans les pays du Sud. Le narrateur, qui ressemble
beaucoup à l'auteur, consigne le témoignage d'un vieil Africain,
Tyemero, personnage qui symbolise tout ce que l'auteur ressent
"d'amour, de compassion et d'admiration pour les authentiques
paysans". Une dénonciation des exactions commises au nom du
progrès et un éloge des valeurs traditionnelles qui souligne
leur pertinence plus que jamais actuelle dans un monde déboussolé.
Pierre Rabhi (° Kenadsa, Algérie
1938) est un agriculteur, homme politique, écrivain et penseur
français d'origines algériennes. Il défend un mode de société
plus respectueux des hommes et de la terre et soutient le
développement de pratiques agricoles respectueuses de l'environnement
et préservant les ressources naturelles, notamment dans les
pays arides.
Langue Français Éditeur : Albin Michel (29 août 1996) Collection
: Espaces libres Format : Broché - 245 pages ISBN : 2226087338
Dimensions (en cm) : 2 x 11 x 18
L'impasse alimentaire ? : Agriculture,
santé, environnement, de Nicolas Hulot, le Comité de veille
écologique et Karine Lou Matignon
Il est urgent de tirer la sonnette
d'alarme : si nous voulons pouvoir nourrir 6 milliards d'êtres
humains sans détruire la planète qui nous héberge, il nous
est impossible de poursuivre dans la voie de l'agriculture
productiviste telle qu'elle est pratiquée depuis un quart
de siècle sous la gouverne des industries agroalimentaires.
Car ce mode de production est aujourd'hui en partie responsable
de l'érosion des sols, des changements climatiques, de la
dégradation de la qualité de l'air et de l'eau, de la disparition
de milliers d'espèces de plantes et d'animaux sauvages et
domestiques. Dans nos assiettes, notre alimentation, polluée
par les pesticides et les engrais, affecte notre santé et
compromet l'avenir de nos enfants. Trente-cinq mille exploitations
agricoles disparaissent encore chaque année en France, soit
une toutes les quinze minutes. Au-delà de nos frontières,
les lois du marché basées sur ce modèle d'agriculture ont
aussi contraint des millions de gens à abandonner leurs cultures
vivrières au profit des cultures occidentales, affamant davantage
des populations déjà démunies. Quelles sont les alternatives
? Existe-t-il des solutions durables ? Dans ce livre, qui
veut en finir avec les idées reçues, les spécialistes du Comité
de veille écologique de la Fondation Nicolas Hulot pour la
Nature et l'Homme proposent des réponses à ces questions essentielles
pour l'avenir de la planète. Ils nous donnent aussi l'occasion,
en remontant aux sources, de mieux comprendre les liens qui
ont uni jadis l'homme à la Terre, de mettre en lumière les
raisons qui l'ont conduit à rompre cette harmonie jusqu'à
se mettre lui-même en danger.
Broché - 236 pages
(29 septembre 2004)
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